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Lien vers cette page     Symboles de la Science sacrée, René Guénon, éd. Gallimard, 1962

LXVIILe « quatre de chiffre »



p. 378
 



LXVII

Le « quatre de chiffre1 »


 

     Parmi les anciennes marques corporatives, il en est une qui a un caractère particulièrement énigmatique : c’est celle à laquelle on donne le nom de « quatre de chiffre », parce qu’elle a en effet la forme du chiffre 4, auquel s’ajoutent souvent des lignes supplémentaires, horizontales ou verticales, et qui se combine généralement, soit avec divers autres symboles, soit avec des lettres ou des monogrammes, pour former un ensemble complexe dans lequel il occupe toujours la partie supérieure. Ce signe était commun à un grand nombre de corporations, sinon même à toutes, et nous ne savons pourquoi un écrivain occultiste, qui par surcroît en attribue fort gratuitement l’origine aux Cathares, a prétendu récemment qu’il appartenait en propre à une « société secrète » d’imprimeurs et de libraires ; il est exact qu’il se trouve dans beaucoup de marques d’imprimeurs, mais il n’est pas moins fréquent chez les tailleurs de pierres, les peintres de vitraux, les tapissiers, pour ne citer que quelques exemples qui suffisent à montrer que cette opinion est insoutenable. On a même remarqué que des particuliers ou des familles avaient fait figurer ce même signe sur leurs maisons, sur leurs pierres tombales ou dans leurs armoiries ; mais ici, dans certains cas, rien ne prouve qu’il ne doive pas être attribué à un tailleur de pierres plutôt qu’au propriétaire lui-même, et, dans les autres, il s’agit certainement de personnages qui étaient unis par quelques liens, parfois héréditaires, à certaines corporations2. Quoi qu’il en soit, il n’est pas douteux que le signe dont il s’agit a un caractère corporatif et est en relation directe avec les initiations du métier ; et même, à en juger par l’emploi qui en est fait, il y a tout lieu de penser que ce fut essentiellement une marque de maîtrise.


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[1] Publié dans É. T., juin 1948.
[2] Nous avons fait allusion ailleurs à des liens de ce genre à propos des maçons « acceptés » (Aperçus sur l’initiation, ch. XXIX).
 
     
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